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Groupe des jeunes à LST Andenne,
Quand des jeunes se mettent ensemble...

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Voici un bref aperçu de nos activités :

Le commencement

Depuis longtemps, plusieurs d’entre nous émettaient le souhait de se rassembler afin de partager nos expériences. Depuis 2011, nous nous sommes rassemblés afin de tisser des solidarités, cheminer et construire ensemble une parole qui nous appartiendrait. En effet, une envie d’avoir, pour nous, un lieu de rassemblement semblable aux caves, devenait de plus en plus importante. L’objectif de ce projet était donc de se donner des moyens d’expression, à nous, jeunes résistant au quotidien à la misère et que notre parole puisse être entendue et respectée dans ce que nous vivons.

Nous avons des choses à dire...

… et nous désirons être considérés comme des interlocuteurs crédibles au même titre que d’autres. Dans ce groupe formé depuis 2013, nous avons pu nous rendre compte que nous sommes tous confrontés, depuis plus ou moins longtemps, à la dure réalité et aux responsabilités de la vie adulte. Cela nous fait peur car nous pensons ne pas avoir beaucoup d’armes pour y faire face et nous sommes souvent seuls dans nos combats du quotidien.

L'école et le travail

« J’ai arrêté l’école à partir de la 3ème secondaire. Je ne m’entendais avec personne. J’étais un peu caractériel. C’était pas évident. L’assistant social de l’école m’a envoyé dans l’enseignement spécial. J’ai quitté aussi l’école car j’en avais marre d’être insulté et pris pour un moins que rien. Et puis l’enseignement spécial, c’est bien aussi pour apprendre. C’est qu’on entend souvent que c’est pour les handicapés. Cela n’a pas une bonne réputation ».Nous avons souvent eu également un parcours scolaire et de vie chaotique : l’école, pour la plupart d’entre nous, fut un échec, dont nous payons le prix fort maintenant. Sans diplôme ou avec très peu de qualifications, il est difficile, voire impossible, de trouver un travail, d’autant plus dans la conjoncture actuelle. Cette « crise » que nous vivons sans trop en comprendre les origines et son réel impact pour notre société. Encore que, nos parents et nos proches évoquent déjà des situations difficiles, même avec un emploi, dans leur jeunesse.
A l’école, nous n’y avons pas trouvé notre place et ce fut d’ailleurs vécu, pour certains, comme un lieu de mépris et de rejet. Dans nos parcours, nous avons connu  divers milieux atypiques pour la plupart des jeunes : l’enseignement spécialisé et l’enseignement en alternance dans les CEFA. Beaucoup de changements d’écoles et d’institutions qui demandent une adaptation parfois difficile et en décalage avec nos réalités de vie. Au final, nous nous retrouvons, au début de notre vie adulte, avec un parcours scolaire ne nous ayant amené que très peu de perspectives pour l’avenir. Peu de qualifications dans des domaines qui ne sont pas toujours issus de nos choix ou pas de formation du tout pour ceux qui ont abandonné en cours de route.

La famille

« Avec mes enfants, j’insiste beaucoup sur l’école. Je ne veux pas qu’ils fassent les mêmes conneries que maman. L’école c’est vraiment important. On a même achetés des livres en plus pour qu’ils apprennent. On appuie vraiment les enfants pour continuer l’école mais ce n’est pas facile mais c’est tellement important »Notre parcours de vie n’est pas très heureux non plus vis-à-vis de la famille (certains d’entre nous ont été confrontés à un moment donné aux services d’aide à la jeunesse dans le cadre de mesures de placement ou d’enquêtes sur nos parents) et du logement (nos parents ont dû se battre pour garantir un toit à toute la famille). Nous avons donc été confrontés très tôt à des réalités particulièrement rudes. Maintenant, après nos parents, c’est à nous, à souvent à peine 18 ans, de faire valoir nos droits pour avoir un toit, bénéficier d’un revenu, chercher un emploi, ... Un passage de témoin qui nous angoisse d’autant plus que nous ne voulons pas revivre ces difficultés avec nos jeunes familles et nos enfants présents ou à venir.

De par cette expérience de vie et ce vécu, nous avons donc des choses à dire sur le monde d’aujourd’hui et sur celui de demain que nous essayons de construire. Nous voulons partager une parole construite ensemble quant à notre avenir, aux difficultés rencontrées, à nos souffrances mais aussi à tous nos rêves et nos espoirs.
Dans ce contexte, fin 2012, nous avons compilé ces éléments dans un courrierenvoyé au Ministre de l’Emploi en Région Wallonne afin de lui faire part de notre analyse et de notre point de vue sur l’emploi et la formation.

Nous avons également envoyé ce document à Monsieur Magnette, Ministre président de la Wallonie suite à son discours sur les jeunes fin septembre 2014.
En effet, nous avons observé et vécu des situations liées aux différentes aides à l’emploi qui fabriquent des réalités de travail précaire pour les jeunes : les contrats de travail subsidiés sont souvent trop courts et ne garantissent aucunement une sécurité d’existence et amènent encore moins des perspectives d’avenir.

« Au CPAS, c’est vraiment compliqué. On ne t’aide pas. Tu dois d’abord monter toutes des preuves et puis seulement on verra si on peut un peu t’aider ».

« On ne prend pas en compte notre réalité je trouve »

« Je dois rentrer 3 recherches d’emplois/mois pour le Forem sinon je perds mon chômage et me retrouve sans revenu avec des enfants. J’en ai envoyé des cv un peu partout mais la plupart restent sans réponse »

« Certains patrons ne veulent pas m’engager parce que j’ai des enfants »

Le défi du rassemblement

« Venir à LST, cela nous aide à nous exprimer. A mettre des mots. On n’est pas tout seul. On est ensemble. Et puis surtout ici, on ne fait pas de différences entre nous. C’est peut-être petit, mais cela fait une force. C’est important d’être là. C’est vraiment important de ne pas être tout seul et de réfléchir ensemble »

Toutefois, le rassemblement reste un réel défi au quotidien. Le rassemblement est et reste notre priorité car nous savons combien il est difficile de rejoindre un groupe quand, sans cesse, dans notre passé, nous avons été méprisés. La peur du quotidien prend le dessus et nous empêche souvent de pouvoir nous investir ailleurs : peur de pas savoir payer toutes les factures, peur de se confronter à nouveau à des services de contrôle et de n’avoir droit à aucun revenu, se mobiliser à la fois pour chercher un toit, payer son loyer, s’occuper des enfants, trouver un travail,…  Car à côté de tout cela, on nous demande de suivre des formations que nous n’avons souvent pas choisies,  et de prouver que nous sommes des adultes responsables afin de garder nos allocations de chômage ou notre RIS. Néanmoins, nous savons aussi que c’est en réfléchissant ensemble que nous pourrons faire avancer les choses  et faire entendre notre voix.

Nos rencontres jeunes...

Depuis le mois de février 2013, nous nous donnons rendez-vous un vendredi soir sur deux dans les locaux de LST Andenne pour réfléchir ensemble au départ de nos réalités. Nous avons collaboré dans ce contexte avec le CPCP (Centre Permanent pour la Citoyenneté et la Participation) jusque juin 2014 pour l’animation de nos rencontres. Lors de ces rassemblements, nous commençons par les petites nouvelles que nous avons envie d’échanger,  la suite de la rencontre est alors partagée en deux : un temps pour construire des projets pour découvrir le monde qui nous entoure et un second temps consacré à une thématique qui nous touche et que nous avons envie d’exploiter.

Notre méthode

A partir de notre vécu quotidien, voir les choses, définir des constats ; et puis chercher à comprendre,  à analyser avec le dialogue entre nous, et toutes les aides qu’on peut mobiliser ; et enfin chercher des choses à faire, poser des actes, mobiliser des énergies pour bâtir le présent et l’avenir.

La vie adulte ?!

En 2013, nous nous sommes beaucoup interrogés sur la question « Cela veut dire quoi, pour nous, entrer dans la vie adulte ? » avec toutes les questions, les peurs mais aussi les espoirs que cela engendre. Pour nous, être adulte, c’est avoir réussi  à l’école,  principalement. Mais nous avons également fait les constats suivants : d’une part que la plupart d’entre nous n’y est pas arrivé et que, d’autre part, nous réalisons maintenant à quel point c’est vraiment quelque chose d’important pour se garantir un avenir. Notre souhait et notre combat est de tout faire pour que nos enfants, eux, y arrivent.

Etre adulte c’est aussi avoir des responsabilités, avoir un logement et pouvoir s’en occuper, avoir des enfants et construire sa famille, construire des projets, savoir économiser, gérer son argent, avoir un travail,...

Mais nous nous rendons compte que cela n’est pas souvent possible et accessible pour nous. Pourtant même si cela nous angoisse, c’est ce qu’on souhaite vraiment. Nous nous rendons compte également que les jeunes ne sont pas tous égaux et n’ont pas les mêmes chances face aux choix à faire.

Jeunes et travail : qu’en dire ?

En 2014 et 2015, nous réfléchissons autour de la notion de travail. Voici où nous en sommes dans la réflexion actuellement : Voir notre article dans le journal La Main dans la Main.

Faire entendre notre point de vue : réel enjeu, défi et... fierté

Nous voulons que ce nous exprimons, réfléchissons et analysons au départ de notre vécu dans nos différentes rencontres puissent être entendu et reconnu ailleurs. Nous avons des choses intéressantes à dire...

« Du gravier dans les chaussures»

Les jeunes ont choisi de se lancer dans une création théâtrale. Au départ de leur vécu, de leur réalité et de leur chemin de vie, ils veulent interpeller et susciter une réflexion collective.

[Photo] Du gravier dans les chaussures | Illustration LST Andenne.C'est à partir d'un gravier coincé entre la semelle et la plante du pied qu'ils se sont reconnus. C'est à l'instant précis où ils se sont assis ensemble pour l'enlever que le dialogue s'est établi, que les fils se sont tissés. Aujourd'hui ils passent de l'ombre à la lumière, afin que ce gravier devienne un grain de sable qui va enrayer la machine à exclure trop bien huilée.

Entretien à bâtons rompus avec les jeunes acteurs (21.10.2017) :


Quatre représentations sont programmées en 2017 :

14 octobre 18:00 Athénée Royal de Huy • plan
rue des vergiers / Cité Emilie Vierset, 4500 Huy
17 octobre 20:00 Théâtre Saint-Michel
Rue Père Eudore Devroye 2, 1040 Bruxelles • plan
21 octobre 14:00 Centre Culturel de Rochefort
Rue de Behogne 5, 5580 Rochefort • plan
18 novembre 17:30 Liège (contacter LST Andenne si intéressé
8 décembre 19:30 Hôtel de Ville d'Andenne
Place des Tilleuls 1, 5300 Andenneplan
info Contacter LST Andenne | Affiche | Tract

Un projet de LST Andenne, en collaboration avec la Compagnie Buissonnière et soutenu par la Province de Namur, l'Action Vivre Ensemble et la Fédération Wallonie-Bruxelles

De l’assemblée des militants...

En mars 2014, nous nous lançons pour la première fois lors d’une assemblée des militants.

Nous avons pris le temps de construire ce que nous avions envie de partager et nous l’avons porté ensemble. Parce qu’on était ensemble et qu’on l’avait bien préparé, nous avons pu dire à d’autres ce que nous vivons. Ce n’était pas évident du tout mais nous étions fiers d’avoir osé le faire.

... à la Journée Mondiale du Refus de la Misère

Ensuite, certains d’entre nous, ont porté la parole de notre Mouvement, le 17 octobre 2014, au Parlement wallon, lors de la Journée mondiale du refus de la misère.

En passant par la télé

Fin mai 2014, nous avons été contacté par une équipe de l’émission « Question à la Une », de la RTBF,  le journaliste (Olivier Corroenne) et le réalisateur (Nicolas Ceuppens). Ils réalisent un reportage sur les Neets : nouvelle appellation de l’Europe définissant les jeunes entre 18 et 29 ans en décrochage. C'est-à-dire qui ne sont actuellement ni à l’école, ni en formation ni dans un emploi.

Nous avons organisé une rencontre avec eux. Nous étions une quinzaine de jeunes de LST Andenne et Namur. Nous leur avons exprimé nos craintes quant à l’utilisation de notre parole et du risque d’être encore un peu plus méprisé après notre passage dans cette émission. Mais nous leur avons dit aussi combien notre parole était trop peu entendue, comprise et prise en compte. Deux jeunes du groupe se sont engagées dans ce projet. Engagement par rapport à leur propre histoire et leurs luttes sur laquelle mettre des mots et à exprimer vers l’extérieur ; mais engament vis-à-vis du groupe des jeunes et de tous les jeunes parmi les plus écrasés, qui n’auront pu prendre cette parole. Porter pareil engagement et défi en tant que jeune, n’est pas banal.

Nous voulons ici souligner également la particulière attention des professionnels dans cette aventure lors des tournages. Ils sont restés en écoute et en respect par rapport à notre parole. L’occasion aussi pour nous de leur faire découvrir nos réalités et notre Mouvement. Et, pour nous, de découvrir comment techniquement, cela se construit. Ce réalisateur avait d’ailleurs fait un reportage en 2013 sur les SDF avec cette même attention particulière. Nous  avions d’ailleurs réagi à la sortie du reportage.

Peut-être sera-t-on repris dans le reportage, peut-être pas…, en fonction de leur montage. Mais cette expérience, jusque-là, méritait le détour....

Avec ATD Quart-Monde...

En 2013, nous avons été contactés par le groupe de jeunes d’ATD Quart Monde, l’occasion pour nous de les accueillir une première fois dans nos locaux et de les rejoindre à Liège. Deux temps de rencontre intéressants où chacun a pu partager son  expérience et les activités réalisées. Nous avons également pu voir à quel point ce que vivaient les autres rappelait des réalités tellement proches de nous.

 

En janvier 2014, nous nous sommes rendus dans leurs locaux à Bruxelles afin de découvrir leur pièce de théâtre action sur l’école.

Nous poursuivrons, à l’occasion, des rencontres avec eux, afin de continuer à tisser des solidarités plus larges.

 

 

 

Les jeunes sont de sortie !

Euroskills 

En octobre 2012, nous nous sommes rendus à l’évènement  « Euroskills » sur le circuit de Spa-Francorchamps afin de découvrir différentes sortes de métiers, l’occasion aussi de découvrir un circuit de course automobile. L’objectif était de découvrir des métiers, de l’artisanat,  et des formations inconnus pour nous et voir si l’une ou l’autre pourrait nous intéresser et nous ouvrir des perspectives.


Le minibus à Bruxelles

Fin juin 2013, nous sommes partis à la découverte de Bruxelles. En commençant par la Dalle en l’honneur des victimes de la misère et les institutions Européennes. Ensuite, le Palais Royal, la Rue de la Loi en découvrant la complexité des institutions belges via les différents Parlements et Gouvernements. Il s’agissait également d’une occasion pour mieux en comprendre le fonctionnement. Nous avons continué notre visite par la Grande Place et notre Manneken Pis national. Et sur le retour, nous nous sommes arrêtés au pied de l’Atomium pour quelques photos souvenirs.

Huit jeunes à Paris

Pour terminer les activités du groupe des jeunes de 2013, nous avons choisi de partir à la découverte de Paris. Ce projet étant né d’un rêve commun des jeunes du groupe énoncé lors de l’une de nos animations. La plupart d’entre nous n’y étaient jamais allés. L’occasion de découvrir cette superbe ville et ses monuments importants : nous avons pris le temps au long de cette année de construire ce projet ensemble. La tour Eiffel, les Champs Elysées, Notre-Dame de Paris, la Concorde, l’Arc de Triomphe, la Dalle (dont nous avons vu la copie à Bruxelles) sur la célèbre place du Trocadéro et bien d’autres lieux sont à garder dans nos souvenirs.
Voir aussi notre article dans le journal La Main dans la Main.


Théâtre, cinéma, expo... La culture nous regarde !

En fonction des demandes, possibilités et opportunités, et pour découvrir une autre forme d’accès à la culture nous allons régulièrement voire une exposition, des pièces de théâtre et/ou des projections cinématographiques. C’est un processus important, parce que non évident, mais nous permettant, comme un levier, une expression nouvelle et plus forte. C’est, chaque fois, un moment de questionnement, d’émerveillement, de surprise et parfois même de déception quand on sent que c’est un modèle parfois tellement loin de nous.

Depuis 2012, nous avons été voir deux pièces de théâtres action de la Compagnie Buissonnières : « Le ressort » et « L’impossible dressage des ramiers ». 

Nous avons également été voir un spectacle de danse et de chants biélorusses ou encore un petit détour par la visite au musée du capitalisme à Namur (voir notre article dans le journal La Main dans la Main) ou encore l’Exposition Van Gogh à Mons dans le cadre de l’atelier créatif de LST Andenne.


Journée vacances

Fin juin 2014, nous sommes partis à Plopsa Coo, dans la cadre de la journée vacances organisée au départ des Caves de LST Andenne.

Et ça continue...

Nos activités et nos réflexions font une pause pendant l’été mais nous continuons à nous rassembler au rythme de nos rencontres de septembre à juin à LST Andenne pour continuer à réfléchir ensemble et construire de nouveaux projets...

Si tu as entre 18 et 25 ans et que tu as envie d’être acteur dans ce projet, n’hésite pas à nous rejoindre et sois le bienvenu autour des questions qui nous mobilisent !

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dernière mise à jour le 29 novembre 2017