| accueil > parole militante > famille & pauvreté |
Placements d’enfants pour cause de pauvreté : toujours d'actualité ! |
Dès que l'on se rassemble à partir de notre quotidien de lutte contre la misère, le premier sujet dont on parle, c'est notre famille. C'est le lieu qui paye le prix le plus cher à la pauvreté, et c'est en même temps l'endroit de nos références, de nos liens les plus forts ou les plus douloureux, souvent vécu comme le résultat des choix des autres. Quelques chiffresIl n'existe pas de comptabilité des placements pour cause de pauvreté, seulement des chiffres sur le placement d'enfants en général. En 2000, en Communauté Française de Belgique, la population de mineurs placés (séparés des parents) était de 13 937. Les placements en institution, école, pouponnières… étaient de 4 950 et les placements en famille d’accueil ou de proches étaient de 2 700. Chiffres repris dans « précieux enfants, précieux parents » (novembre 2003, ATD Quart-Monde). Contexte institutionnelIl existe de nombreux services de l’aide à la jeunesse dont les plus couramment cités sont le Service d’Aide à la Jeunesse (SAJ) et le Service de Protection de la Jeunesse (SPJ). La Direction Générale de l’Aide à la Jeunesse qui supervise ces services dépend du Ministère de la Communauté Française. Les familles qui n’arrivent plus à remplir adéquatement leur rôle de parent, à cause de la pauvreté, passent presque toujours par l’un de ces services ou par les deux. C’est là, en fonction de l’approche du travailleur social et des moyens mis à sa disposition, que tout va se jouer pour l’avenir de la famille. Point de vue de LST : notre vécu
Nous nous battons pour le maintien de l’union familiale en apportant le soutien dont la famille a réellement besoin. Nous constatons souvent un déchirement de la famille au nom du droit des jeunes. Par exemple, une famille qui n’a pas les ressources suffisantes pour payer les fournitures scolaires et les tartines de midi, n’enverra pas ses enfants à l’école car elle a honte. Un travailleur social sera mis au courant et en se rendant au domicile des parents, constatera en plus qu’on a coupé l’électricité et/ou l’eau. Il sentira une forte tension au sein de la cellule familiale (compréhensible quand on est dans une telle situation de détresse). A partir de ce moment, tout peut s’enchaîner très vite et on retrouvera les enfants placés parce qu’ils étaient « en danger » et que leurs droits élémentaires n’étaient « pas respectés ». On aboutit ainsi à la déchirure de la famille avec toutes les conséquences que cela comporte. Plutôt que de placer des enfants pour cause de pauvreté de leur familles, il est nécessaire de prioritairement faire respecter les droits de la famille : le droit au logement, à la santé, à la culture, à l’éducation, au travail… afin de l’accompagner vers une vie conforme à la dignité humaine. On ne peut pas garantir les droits des enfants sans garantir les droits de la famille. En savoir plus ?
|
![]() |
dernière mise à jour le 27 octobre 2009 |