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Habiter, c'est être chez soi




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Un logement, c’est plus que des murs et un toit, même si c’est d’abord ça.
Sans chez soi, pas de vie de famille. Et sans adresse, on n’est rien : pas de statut, d’accès à l’emploi, de régularité à l’école, d’affiliation à la sécurité sociale, de liens avec un voisinage…

Comment vivent les parents qui ne peuvent assurer ce chez soi pour élever leurs enfants ?

Le droit au logement est inscrit dans la Constitution belge (article 23)

Un droit est un droit. Même si l’appartement est petit, chaque enfant devrait connaître cette sécurité de base de pouvoir dire : je rentre “à la maison”…
Et personne ne devrait jamais dormir dans la rue.

Pour les familles les plus pauvres, se loger reste une galère : la part du revenu (souvent de remplacement) consacrée au logement, loyer + charges, est exorbitante !

Le logement social existe

Mais n’est pas toujours si social que ça !
Par souci de privilégier une mixité sociale, il est à présent accessible à tout le monde.
Bonne idée au départ. Mais, du coup, pour assurer une gestion rentable, les sociétés de logement social ont tendance à préférer les locataires assurés d’un revenu plus élevé.

Alors, même si les plus pauvres bénéficient d’une priorité, les listes d’attente s’allongent, interminablement.

En l'absence de logement social, quand le budget ne suit pas

« Une famille dans une caravane. Vétuste, pas en règle. Dans le cadre du plan HP, le camping doit fermer…

Un mauvais engrenage et tout peut basculer.

« J’ai perdu mon emploi à un moment où j’avais de gros frais médicaux…

Ça se vit comment ?

Un budget serré, trop serré pour les autres dépenses d’une famille.
Si survient un imprévu, c’est la spirale de l’endettement… parfois jusqu’à l’expulsion du logement.
Et vient le pire, la panique à l’idée de tout perdre, y compris l’essentiel : vivre en famille.

De quoi parle-t-on quand on parle logement ?

Les familles les plus pauvres ne peuvent se payer un logement décent.
On vit à l’étroit.

Les rares logements sociaux permettant d’accueillir une famille nombreuse sont souvent éloignés des centres urbains et des services utiles.
Les logements à prix accessibles sont souvent en mauvais état, et parfois situés dans des quartiers eux-mêmes à l’abandon.

Vous ne seriez pas découragés ?
« Je vivais avec les enfants dans un tout petit …

Une pièce aux murs qui se défont, une maman, cinq enfants …

Et ça se vit comment ?

Le manque d’espace entraîne forcément agressivité et frictions.
L’éloignement de la ville favorise l’impression de ghetto : désœuvrés, les jeunes s’ennuient.
Les enfants, eux, sont mal vus à l’école : qui mesure la souffrance d’un enfant humilié ?
Le mauvais état éventuel, humidité, mauvaise isolation, cause des soucis de santé.
De fréquents déménagements pour chercher mieux fragilisent la stabilité de la famille.

Dans le pire des cas, le logement est déclaré insalubre.
Alors, au nom de l’exigence de qualité de vie, la famille qui l’occupe est expulsée sans garantie d’être relogée ailleurs.
Et les enfants sont placés …
C’est quoi, la qualité de vie ?

Comment imaginer l’angoisse de ne pouvoir loger décemment sa famille ?
Ou la honte d’avoir ses affaires sur le trottoir le matin d’une expulsion, au vu de tous ?
Combien faudra-t-il de drames, donc d’émotion, pour alerter l’opinion publique…

Qui sait ce qui est bon, bien, suffisant pour une famille ?
Qui décide ce qui est bien, bon et suffisant ?

Pièce au puzzle  Notre pièce au puzzle

L’essentiel

À LST, même si on sait ce que c’est que vivre pauvres,
on n’a pas toutes les solutions…
On n’est sûr de rien. On cherche. Ensemble.
Mais on vise l’essentiel : vivre chez soi, en famille.

C’est quoi, être chez soi ?

Avoir un logement à la mesure de son budget.

Pouvoir l’aménager. À son goût, à son idée. Avec des photos au mur, une plante à la fenêtre…
Savoir qu’on va y rester sans craindre sans cesse d’en être chassé.
S’intégrer assez longtemps pour choisir l’école, se faire des connaissances dans le quartier.

L’aide sociale au logement et l’accompagnement des personnes en difficulté financière se doublent trop souvent d’un contrôle qui va jusqu’à une main mise sur la gestion du logement, voire de toute la vie de famille. Une méfiance réciproque s’installe et tout le monde est perdant !
Sans confiance réciproque, l’aide sociale est un piège qui enferme dans la dépendance.
Les plus pauvres ne sont plus maîtres chez eux. Ils se retrouvent disqualifiés. Devant leurs enfants.

Quand le service social écoute, cherche à comprendre, reconnaît l’énergie dépensée pour s’en sortir, quand le travailleur social est une personne face à une autre personne, alors une confiance s’instaure, seule garante d’une aide véritable. Vers l’autonomie. Et tout le monde est gagnant.

Il y a l’aide, et il y a la manière …
« Cinq enfants. Un chalet dans un parc résidentiel. Un gosse malade et…

Un droit doit être le même pour tous

Le droit peut-il s’interpréter ?

Quand trois jeunes salariés décident de louer ensemble un appartement à partager : ils économisent le loyer comme aussi le chauffage, l’électricité, …
Mais quand trois jeunes chômeurs décident de louer ensemble un appartement à partager : ils perdent une part de leurs allocations. Leur statut a changé : d’isolés, ils sont devenus « cohabitants »….

Une personne en difficulté fréquente le resto du cœur. Tout va bien.
Deux personnes en difficulté décident de mettre cuisine et repas en commun. Rien ne va plus. Le fait de cuisiner ensemble suffit à modifier leurs statuts. Au lieu d’être une économie, cela leur fait perdre une part des allocations perçues.

Une fois de plus, les plus pauvres ne sont pas maîtres de leur situation. Leurs initiatives se retournent contre eux. Leurs solidarités sont disqualifiées. Pire : pénalisées.

Sans concertation avec les plus pauvres,
les mesures prises ne répondent pas à leurs besoins.

Mesures prises dans l’urgence : on se soucie des SDF en hiver. Et après ?
Mesures partielles : abris de nuit, restos du cœur… Dans la durée, ça résout quoi ?
Mesures mal pensées : les grands ensembles immobiliers marginalisent leurs habitants.

Pire : sans concertation avec les plus pauvres, certaines mesures risquent des effets pervers.

Quand les exigences de qualité des logements aboutissent à mettre des gens à la rue : la loi protègerait-elle les bâtiments plutôt que les personnes ?
Certains hésitent à demander des travaux nécessaires de peur de voir leur logement déclaré insalubre, de se retrouver sans toit, et de voir leurs enfants placés : de mal logés, sont-ils devenus mauvais
parents ?

Quand accompagnement social signifie contrôle et répression.

Quand les législations sont elles-mêmes discriminatoires. Cohabitant, isolé, chef de famille : les contraintes de ces statuts empêche les solidarités de jouer.

Un défi à relever

Désireux de mieux comprendre notre point de vue ?
Notre méthode ?

La réflexion, à LST, se nourrit de l’expérience des plus pauvres : que vivent-ils ? puis consulte le droit : qu’en dit-il ? et interroge les politiques et leurs pratiques : que font-ils ?

Que se passe-t-il dans le concret ?
Quel est le but recherché par les Pouvoirs Publics ?
Garantir à tous le droit à habiter ?
Lutter contre la pauvreté ?
À votre avis ?

Peut-on continuer à voir dans le logement un bien comme les autres sur le marché, ce qui entraînera inévitablement de nouvelles exclusions et une nouvelle marginalisation ?
En dehors peut-être du logement social, aucune solution n’a encore été trouvée pour que les loyers restent abordables et en rapport avec le revenu des gens.

Les mesures politiques sont maladroites et concernent souvent l’urgence, les circuits marginaux de logement (asile de nuit…) par rapport à des gens qui sont dans la souffrance. Et dont en n’entend pas la souffrance. Et dont on ne mesure pas les efforts qu’ils fournissent pour en sortir.
Il faut arrêter de penser en termes de minimum quand on parle des plus pauvres.

Il faut l’ambition de mettre en œuvre « … le droit à un logement décent en tant que lieu de vie, d’émancipation et d’épanouissement des individus et de la famille » préconisé par le Plan stratégique N°3, Région wallonne, octobre 2005.

Si l’expulsion a un coût pour la personne qui la vit, elle en a un aussi pour la société à travers tous les services mis en place pour essayer ensuite de remédier aux dégâts.

En savoir plus ?

La thématique du logement est transversale car l'habitat a des répercussions importantes sur la santé, la scolarité des enfants, le travail et bien d'autres dimensions encore. Malheureusement se loger décemment est devenu impossible pour beaucoup de familles que nous rencontrons. Bien souvent, elles n'ont pas de maîtrise sur leur logement (logement non choisi, logement précaire, etc.). Pour ces raisons il nous paraît fondamental de nous mobiliser autour de cette problématique.

Vous voulez prolonger la réflexion sur ce thème, voici quelques liens utiles :

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dernière mise à jour le 22 mai 2019